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Assistants de messagerie intégrés : un nouveau risque de détournement de comptes

Un pirate peut fouiller des années d’échanges et imiter la victime

Assistants de messagerie intégrés : un nouveau risque de détournement de comptes

Anthony John Padilla

  • 4 août 2026
  • Mise à jour: 4 août 2026 à 15:48
Assistants de messagerie intégrés : un nouveau risque de détournement de comptes

Les fonctions de recherche, de résumé et de rédaction désormais intégrées aux grandes messageries professionnelles font apparaître un risque nouveau, disent des experts en cybersécurité, pour les entreprises comme pour leurs salariés. Si un pirate met la main sur un compte, il peut se servir de ces outils natifs pour remonter des années d’échanges, retrouver des documents, repérer les personnes qui comptent et préparer des attaques bien plus ciblées.

Le plus frappant, c’est que tout se passe dans le cadre habituel de la victime. L’attaquant n’a même pas besoin d’exporter les données vers un service externe : il exploite directement ce qui se trouve déjà dans la boîte mail. L’activité devient alors plus discrète, et bien plus difficile à distinguer d’un usage banal.

À partir du moment où il est connecté à un compte compromis, un acteur malveillant peut demander à l’assistant intégré de retrouver des factures , des contrats, des échanges autour d’un projet sensible ou des conversations avec la direction. Il peut aussi voir quels collègues méritent d’être visés ensuite, en particulier dans la finance, les achats ou parmi les cadres dirigeants.

Ces outils peuvent ensuite lui servir à rédiger des messages de suivi en reprenant le ton, les tournures et les habitudes de la victime. Pour une fraude interne ou une compromission de messagerie professionnelle, ça change beaucoup de choses : le message a l’air de venir de la bonne personne, il arrive au bon moment et s’appuie sur le bon contexte.

Et c’est là que la détection se complique.

Les attaquants partent de ce qui existe déjà et utilisent des fonctions natives de la messagerie, pas des logiciels suspects. Du coup, ils se confondent plus facilement avec les flux ordinaires et passent à travers une partie des contrôles de sécurité traditionnels.

La généralisation des outils de génération automatique a déjà changé le phishing à grande échelle. D’après des spécialistes de la cybersécurité, ils serviraient maintenant dans plus de 80 % des courriels frauduleux, soit une hausse de plus de 50 % en un an.

Au même moment, toujours selon ces experts, les attaques de phishing assistées par ces technologies auraient grimpé de 1 265 %. Leur intérêt tient à deux choses : elles permettent d’aller plus vite, et elles produisent de meilleurs messages. Les mêmes sources avancent que des e-mails rédigés automatiquement atteindraient un taux de clic de 54 %, contre 12 % pour des campagnes plus classiques. Là où un fraudeur devait autrefois passer des heures à mettre au point un message crédible, quelques minutes suffisent parfois désormais.

Autre risque qui apparaît : les instructions cachées dans les e-mails. Un lecteur humain ne les voit pas, mais l’assistant de messagerie, lui, peut les interpréter et se mettre à agir de façon imprévue, par exemple en recherchant des informations sensibles ou en les exfiltrant.

Tout cela s’inscrit aussi dans une fraude devenue hyperréaliste. Selon des experts en cybersécurité, les escroqueries fondées sur de fausses voix ou de fausses vidéos ont progressé de plus de 2 000 % depuis 2022. Et, dans un cas très médiatisé, un employé de la finance a validé un virement de 25 millions après un faux appel vidéo.

Côté défense, les vieux réflexes ne tiennent plus vraiment. Les fautes d’orthographe et la grammaire bancale ne sont plus des signaux fiables. Les équipes de sécurité misent donc davantage sur l’analyse comportementale, la détection d’anomalies et des contrôles renforcés sur les actions sensibles. La prudence reste de mise. Mais vu le volume des attaques et leur degré de sophistication, l’avantage reste, pour l’instant, du côté des fraudeurs.

Anthony John Padilla

Anthony Padilla est un écrivain basé aux Philippines ayant de l'expérience dans le contenu éditorial, numérique et axé sur la marque. Son travail consiste à traduire des idées complexes en textes clairs et accessibles.

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