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Ati Robotics veut fabriquer un robot presque sans composants chinois

La FCC ouvre une brèche malgré des coûts potentiellement plus élevés

Ati Robotics veut fabriquer un robot presque sans composants chinois

Chema Carvajal Sarabia

  • 4 août 2026
  • Mise à jour: 4 août 2026 à 12:04
Ati Robotics veut fabriquer un robot presque sans composants chinois

En 2025, Ati Robotics se fait remarquer pour une raison simple: l’entreprise veut fabriquer un robot presque dépourvu de composants chinois. Le pari tranche avec la réalité du secteur, où une grande partie des startups reste encore dépendante de matériel venu de Chine. Les chiffres de PitchBook racontent la même chose. 2025 correspond à la fois à un sommet en nombre d’opérations et en montants investis dans la robotique, alors même qu’une bonne part du marché continue de s’appuyer sur des fournisseurs chinois pour des pièces clés. Aux États-Unis, cette dépendance pourrait vite cesser d’être théorique. La Federal Communications Commission (FCC) a interdit l’importation de nouveaux robots de pointe fabriqués en Chine, humanoïdes compris, en invoquant des risques de surveillance et de vol de données. Pour les fabricants alternatifs, cela crée une vraie ouverture. Avec une contrepartie possible: coûts plus élevés et une automatisation qui avance moins vite.

Sortir complètement de la chaîne d’approvisionnement chinoise reste pourtant bien plus compliqué qu’on ne l’imagine.

D’après PitchBook, la Chine a représenté 54 % des installations mondiales de robots industriels en 2024. Elle domine aussi plusieurs catégories décisives, des cartes électroniques jusqu’aux microprocesseurs matures.

Et ce qui surprend, c’est que même des entreprises dont la valeur tient surtout au logiciel restent liées à des composants matériels chinois.

C’est ce qui met Ati Robotics sous les projecteurs.

Fondée en 2017, l’entreprise a d’abord développé des moteurs pour véhicules autonomes. Elle a ensuite bifurqué vers les robots logistiques, notamment les tracteurs de remorquage et les robots conçus pour déplacer des palettes, selon ses propres informations.

Le fait d’avoir choisi de concevoir son matériel en interne a amené Ati Robotics à réduire sa dépendance à la Chine bien plus tôt que beaucoup de concurrents.

Aujourd’hui, l’entreprise s’appuie sur son centre de R&D de Bangalore pour garder ses coûts sous contrôle, toujours selon elle.

L’Inde lui apporte, d’après Ati Robotics, deux avantages en même temps: une main-d’œuvre moins chère et un accès à une chaîne d’approvisionnement en plein essor autour des deux-roues et trois-roues électriques.

La startup a ainsi repris pour la robotique des composants automobiles fabriqués à grande échelle. Effet immédiat, selon Ati Robotics: des coûts plus bas et une meilleure fiabilité.

L’entreprise affirme désormais avoir plusieurs centaines de robots en service dans des usines et des entrepôts, plus de 50 clients, et prévoit de déployer son premier humanoïde d’ici la fin de l’année pour déplacer des bacs lourds.

Au début de 2025, Ati Robotics a aussi annoncé une série B de 20 millions de dollars pour financer son expansion internationale.

Mais Ati Robotics n’est pas totalement découplée.

Selon l’entreprise, ses deux modèles les plus vendus, un tracteur de remorquage capable de tracter 10 000 livres et un robot de manutention de palettes, utilisent très peu de pièces chinoises.

Son humanoïde, en revanche, dépend encore de certains composants venus de Chine. Ati Robotics cite notamment les réducteurs harmoniques, les moteurs frameless et les cellules de batterie.

Des alternatives existent peut-être en Corée du Sud ou au Japon. Les intégrer n’est pas toujours simple, ni forcément rentable.

Au-delà du seul cas d’Ati Robotics, plusieurs experts décrivent désormais un marché de la robotique qui se scinde en deux blocs: un écosystème centré sur la Chine, et un autre aligné sur les États-Unis et leurs partenaires.

Mieux vaut donc rester prudent.

Dans cette configuration, les entreprises capables de promettre un matériel perçu comme plus sûr et moins exposé à Pékin pourraient prendre une longueur d’avance auprès des clients occidentaux.

Chema Carvajal Sarabia

Journaliste spécialisé dans la technologie, le divertissement et les jeux vidéo. Écrire sur ce qui me passionne (gadgets, jeux et films) me permet de rester sain d'esprit et de me réveiller avec le sourire aux lèvres quand le réveil sonne. PS : cela n'est pas vrai 100 % du temps.

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