Bad Times at the El Royale : ce thriller mérite enfin une seconde chance
Un huis clos néo-noir de Drew Goddard aux accents tarantinesques

- 6 septembre 2026
- Mise à jour: 30 septembre 2026 à 15:55

Le film Bad Times at the El Royale, signé Drew Goddard, connaît aujourd’hui une vraie réhabilitation auprès du public. À sa sortie en 2018, il était passé presque inaperçu. Depuis, il revient souvent dans les conversations comme l’un de ces thrillers néo-noirs que les salles ont laissé filer un peu trop vite.
S’il revient aussi souvent dans les recommandations, c’est pour ce mélange assez rare de mystère, de dialogues acérés et d’explosions de violence qui arrivent sans prévenir. Avec le recul, c’est justement ce ton très affirmé qui en fait une sacrée trouvaille pour ceux qui aiment les thrillers stylisés.
L’intrigue se situe en 1969, dans un hôtel perdu, planté à la frontière entre la Californie et le Nevada. Plusieurs inconnus s’y retrouvent, chacun traînant ses secrets, ses mensonges, et parfois des intentions franchement mauvaises. Au fil de la nuit, les masques tombent, et tout glisse vers une suite de révélations puis vers la violence.
Drew Goddard l’a écrit et réalisé comme un projet très personnel, en misant d’abord sur ses personnages et sur un décor presque unique. Ce cadre fermé resserre la tension et donne à l’ensemble une vraie dimension théâtrale, très efficace à l’écran.
Si Bad Times at the El Royale refait régulièrement surface dans les discussions ciné, c’est aussi parce qu’il renvoie assez clairement à certaines qualités qu’on associe à Quentin Tarantino. On y retrouve une narration éclatée, des dialogues qui font grimper la tension, et toute une galerie de personnages ambigus qui rappelle Pulp Fiction. Le huis clos sanglant, de son côté, évoque plutôt Les Huit Salopards.
Pour autant, le film ne se réduit pas à un exercice d’imitation. Il a sa propre couleur, plus mélancolique, avec un vrai travail autour de la rédemption, de la culpabilité, et de cette zone trouble où le bien et le mal cessent d’être si faciles à distinguer.
Autre force du film, son casting. Jeff Bridges, Cynthia Erivo, Dakota Johnson, Jon Hamm et Chris Hemsworth se partagent l’écran dans un ensemble où chacun imprime quelque chose de très différent.
Avec les années, ce sont surtout les prestations de Cynthia Erivo et de Jeff Bridges qui reviennent dans les éloges. Cynthia Erivo, magnétique, apporte au film une intensité émotionnelle qui compense ses accès de brutalité. Jeff Bridges, lui, joue en finesse avec l’ambiguïté de son personnage.
Ce qui reste assez étonnant, c’est que malgré ses qualités et ses ambitions, Bad Times at the El Royale n’a pas trouvé son public au moment de sa sortie. D’après Box Office Mojo, le film a rapporté environ 31,8 millions de dollars dans le monde pour un budget estimé à 32 millions, dont seulement près de 14 millions à l’international.
Plusieurs raisons peuvent expliquer cet échec: un marketing compliqué pour un film original qui ne reposait sur aucune franchise, une durée qui flirte avec les 2 h 30, et une structure non linéaire moins facile d’accès pour le grand public. En clair, c’était un projet ambitieux, mais pas simple à vendre.
Depuis, son parcours a pris une autre tournure. Entre le streaming et le marché vidéo, Bad Times at the El Royale a fini par se bâtir un public fidèle. Beaucoup saluent aujourd’hui son originalité, l’élégance de sa mise en scène, la précision de son intrigue et sa façon de proposer un grand spectacle pour adultes, chose de plus en plus rare dans le cinéma hollywoodien actuel.
Suivez-moi sur Twitter : @pierrevitre
Gale Villagomesa est une rédactrice de contenu philippine qui couvrait des sujets de mode de vie avant de découvrir les jeux vidéo. Les jeux cosy et les titres PvP sont ses passions préférées.
Nouveautés de Gale Ann Villagomesa
Vous aimerez aussi
InfosStarfield : un mod promet enfin des atterrissages planétaires sans écran de chargement
Lire la suite
InfosOne Piece chapitre 1194 : Mihawk possède bien le Haki des Rois
Lire la suite
InfosSee revient dans le top 10 mondial d’Apple TV+, trois ans après sa fin
Lire la suite
InfosArc Raiders testera un mode PvE pur en octobre: Embark pourrait séparer PvE et PvP
Lire la suite
InfosPokémon: Zombeon, l’Eeveelution Spectre, divise déjà les fans
Lire la suite
InfosSquid Game: Netflix abandonne le spin-off américain de David Fincher
Lire la suite