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Cybercriminalité: la facture mondiale dépasse désormais 1 240 milliards par an

Comparitech recense 130,9 millions de victimes et 9 468 $ perdus chacune

Cybercriminalité: la facture mondiale dépasse désormais 1 240 milliards par an

Ronnel Angelo Arsolon

  • 5 août 2026
  • Mise à jour: 5 août 2026 à 07:52
Cybercriminalité: la facture mondiale dépasse désormais 1 240 milliards par an

Une nouvelle analyse de Comparitech fait grimper fortement l’addition de la cybercriminalité à l’échelle mondiale. Le cabinet parle désormais de 1 240 milliards de pertes directes par an, pour environ 130,9 millions de victimes. Dans sa précédente estimation, publiée fin 2023, Comparitech avançait 88,5 millions de victimes et 714 milliards de pertes.

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Dit plus simplement, Comparitech constate deux choses à la fois: les attaques se multiplient, et chaque affaire coûte plus cher. La perte moyenne est maintenant estimée à 9 468 par victime, contre 8 069 auparavant. Ce niveau traduit des escroqueries en ligne plus élaborées, et surtout mieux ciblées.

Il faut quand même garder une réserve sur cette estimation. Le calcul de Comparitech ne couvre que les pertes directes subies par les victimes. Tout ce qui relève des coûts indirects, interruption d’activité, frais juridiques, remise en état des systèmes, perte de confiance, reste en dehors du périmètre. Si l’on élargit la vue, Cybersecurity Ventures estime de son côté que le coût total de la cybercriminalité pourrait atteindre 10 500 milliards en 2025.

Les États-Unis restent, très largement, le pays le plus coûteux en valeur absolue dans l’analyse de Comparitech: 6,7 millions de victimes et 138,9 milliards de pertes, soit environ 20 731 par victime. C’est plus du double de la moyenne mondiale. D’autres études citées dans le secteur racontent la même histoire. D’après elles, les pertes cyber déclarées aux États-Unis auraient encore bondi de 33 % en 2024, à 16,6 milliards, avec une poussée marquée des fraudes financières et des escroqueries à l’investissement.

L’Inde présente un profil presque inverse. Comparitech y recense le plus grand nombre de victimes, avec 18,8 millions de cas estimés, mais une perte moyenne beaucoup plus basse, autour de 835 par personne. À l’autre bout, toujours d’après Comparitech, l’Espagne, la France, la Suède et la Turquie tournent chacune autour de 10 000 de pertes par victime. La Chine compterait, selon la même analyse, 1,2 million de victimes pour 11,5 milliards de pertes, soit près de 9 583 par incident.

La Russie apparaît plus bas dans le classement de Comparitech, avec 3 659 par victime. Dans le même temps, le nombre de cybercrimes signalés y aurait reculé, si l’on reprend les données compilées par Comparitech, passant de 775 000 en 2024 à 663 000 en 2025.

Du côté des causes, les pertes proviennent toujours surtout de la fraude en ligne, du phishing et des rançongiciels, d’après Comparitech. Les arnaques à l’investissement, en particulier celles qui gravitent autour des cryptomonnaies, font partie des plus dévastatrices. Le phishing, lui, reste l’une des portes d’entrée les plus courantes, porté par l’envoi quotidien de milliards de courriels malveillants, selon les éléments repris par Comparitech.

Pour les entreprises, le tableau n’est pas plus rassurant. D’après les données citées par Comparitech, le coût moyen mondial d’une violation de données a atteint 4,88 millions en 2024, en hausse de 10 % sur un an, avec la santé en tête des secteurs les plus touchés. Les paiements moyens liés aux rançongiciels auraient eux aussi augmenté, toujours selon ces données relayées par Comparitech, pour atteindre environ 2 millions en 2024.

Au fond, les pertes directes des particuliers ne racontent qu’une partie de l’histoire. Si on y ajoute les dégâts pour les entreprises et les effets sur les services essentiels, la cybercriminalité pèse désormais comme l’une des grandes menaces économiques du monde numérique.

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