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La Terre pourrait rester habitable après la mort du Soleil : le plan d’un scientifique

Un pare-soleil géant, puis déplacer la Terre plus loin

La Terre pourrait rester habitable après la mort du Soleil : le plan d’un scientifique

Chema Carvajal Sarabia

  • 8 août 2026
  • Mise à jour: 8 août 2026 à 16:51
La Terre pourrait rester habitable après la mort du Soleil : le plan d’un scientifique

Le Journal of the British Interplanetary Society a accepté pour publication une proposition théorique qui tente de répondre à une question presque démesurée: comment garder la Terre habitable sur des durées astronomiques, alors même que le Soleil continue d’évoluer. Le plan imaginé avance en deux temps. D’abord, un pare-soleil gigantesque au point de Lagrange L1, entre la Terre et le Soleil. Puis, beaucoup plus loin dans le futur, un déplacement progressif de notre planète vers une orbite plus distante.

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Rien, dans ce scénario, ne ressemble à une solution pour demain, ni même à un projet prêt à sortir des plans. Mais il remet en jeu une question fascinante: plutôt que de renoncer un jour à la Terre, une civilisation pourrait-elle modifier son environnement, voire son orbite, pour tenir face à l’augmentation de la luminosité solaire et à la future phase de géante rouge?

Le problème, lui, est bien connu des astrophysiciens. D’ici environ 1 milliard d’années, l’éclat grandissant du Soleil devrait suffire à faire bouillir les océans terrestres. Et dans quelque 5 milliards d’années, l’étoile enflera au point de pouvoir engloutir la Terre ou, au minimum, de la rendre totalement inhabitable.

La première étape du scénario consiste donc à réduire une partie du rayonnement reçu par notre planète grâce à un pare-soleil géant placé à L1, comme le décrit la proposition acceptée pour publication par le Journal of the British Interplanetary Society. Et, assez curieusement, bloquer une fraction de la lumière solaire ouvre tout de suite un autre problème: il faut compenser l’énergie perdue. Le texte propose pour cela des réacteurs à fusion installés profondément dans l’atmosphère de Jupiter, afin de puiser dans ses immenses réserves d’hydrogène et d’hélium, puis de transmettre vers la Terre l’énergie ainsi produite.

Le morceau le plus spectaculaire concerne le très long terme. Pour éviter que la Terre ne soit consumée quand le Soleil entrera dans sa phase de géante rouge, cette proposition théorique imagine de déplacer peu à peu l’orbite terrestre.

La méthode reposerait sur des assistances gravitationnelles répétées avec un astéroïde redirigé avec une précision extrême. En passant régulièrement près de la Terre, puis d’autres planètes, cet objet transférerait une petite quantité d’énergie orbitale, juste assez pour pousser lentement la Terre vers l’extérieur au fil de millions d’années. Sur le papier, l’idée s’appuie sur des principes physiques connus. En pratique, l’échelle dépasse presque l’imaginable.

La proposition a bien été acceptée pour publication dans le Journal of the British Interplanetary Society. Il faut pourtant rester prudent. Cette acceptation ne veut pas dire qu’un consensus scientifique existe sur l’ensemble du plan, et plusieurs experts le présentent avant tout comme une expérience de pensée ambitieuse, sans évaluation scientifique formelle de tous ses éléments.

Les obstacles, eux, sont immenses: construire un pare-soleil de centaines de milliers de kilomètres de large, mettre en place une infrastructure de fusion autour de Jupiter, puis modifier l’orbite de la Terre sans dérégler sa rotation, son climat ou l’équilibre du système Terre-Lune. À chaque étape, les besoins énergétiques seraient colossaux. Les risques aussi.

La technique ne règle pas tout. Le projet soulève aussi des questions de gouvernance. Qui déciderait d’une intervention à l’échelle d’une planète entière, et quels niveaux de risque une telle décision rendrait-ils acceptables?

Pour l’instant, le débat reste surtout porté par les médias et les experts d’Amérique du Nord et d’Europe. Certains critiques estiment qu’un sujet aussi fondamental devrait faire une place bien plus large à des voix venues d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Même sous forme de spéculation, la question reste universelle: jusqu’où une civilisation doit-elle aller pour prolonger la vie de sa planète d’origine?

Chema Carvajal Sarabia

Journaliste spécialisé dans la technologie, le divertissement et les jeux vidéo. Écrire sur ce qui me passionne (gadgets, jeux et films) me permet de rester sain d'esprit et de me réveiller avec le sourire aux lèvres quand le réveil sonne. PS : cela n'est pas vrai 100 % du temps.

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