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Nvidia : un patron californien arrêté pour un trafic de serveurs vers la Chine

Plus de 300 millions de dollars exportés illégalement entre 2023 et 2024

Nvidia : un patron californien arrêté pour un trafic de serveurs vers la Chine

Manuel Bosque

  • 2 octobre 2026
  • Mise à jour: 2 octobre 2026 à 16:46
Nvidia : un patron californien arrêté pour un trafic de serveurs vers la Chine

Les autorités fédérales américaines ont arrêté Greg Lui, 38 ans, aussi connu sous le nom de Yiu Kong Lui, dans une affaire que les procureurs présentent comme un vaste réseau de contrebande technologique. Au cœur du dossier, des serveurs Nvidia qui auraient été exportés illégalement vers la Chine entre 2023 et 2024.

Le propriétaire d’Earthmade Computer Inc., une société installée à City of Industry, en Californie, est accusé par la justice américaine d’avoir pris part à un réseau qui aurait contourné les restrictions imposées par les États-Unis sur l’exportation de matériel sensible.

D’après les procureurs fédéraux, plus de 300 millions de dollars de serveurs haut de gamme auraient circulé de cette manière entre 2023 et 2024.

L’acte d’accusation fédéral vise Greg Lui pour complot en vue de violer la réglementation américaine sur les exportations, contrebande à l’exportation et blanchiment d’argent. S’il est reconnu coupable sur l’ensemble des chefs, il encourt jusqu’à 20 ans de prison.

Exportations illégales de serveurs Nvidia vers la Chine : ce que reproche la justice américaine

Le montage décrit dans l’acte d’accusation a, sur le fond, quelque chose de classique. Ce qui frappe ici, c’est l’échelle.

Selon le ministère américain de la Justice, Greg Lui et ses complices auraient eu recours à de faux documents pour masquer les véritables destinataires des équipements, ainsi que leur destination finale.

Les procureurs affirment que les serveurs étaient d’abord expédiés vers la Malaisie et Singapour, deux juridictions où ces restrictions ne s’appliquaient pas de la même façon, puis réexportés vers des acheteurs en Chine, y compris des clients liés au gouvernement chinois.

Parmi les exemples cités par l’accusation, figure une commande de 7,6 millions de dollars portant sur 27 serveurs équipés de GPU Nvidia H100, des puces très recherchées pour le calcul intensif.

C’est justement ce type de matériel que Washington cherche à garder hors de portée de Pékin depuis le durcissement de ses règles.

Pourquoi Washington surveille de près ces puces

Depuis plusieurs années, les responsables américains martèlent le même point : les processeurs les plus avancés ne sont pas de simples composants grand public.

À leurs yeux, ces puces peuvent accélérer des capacités sensibles, qu’il s’agisse de surveillance d’État, de cyberopérations ou d’usages militaires. À Washington, la question relève donc directement de la sécurité nationale.

Cette affaire s’inscrit dans un cadre plus large, celui des contrôles à l’exportation annoncés le 7 octobre 2022.

Ces mesures ont pour but de limiter l’accès de la Chine aux semi-conducteurs de pointe, ainsi qu’aux technologies de fabrication qui vont avec.

Côté américain, l’idée est simple : conserver une avance dans le calcul de pointe et dans les applications liées à la défense.

Une nouvelle affaire dans une tendance plus large

Ce dossier ne tombe pas du ciel.

Il vient s’ajouter à une série de poursuites visant des filières d’exportation illicites de GPU Nvidia vers la Chine. Parmi elles, une affaire à Taïwan autour de puces B300, mais aussi une autre enquête ouverte en 2026 en lien avec un cofondateur de Super Micro Computer.

La demande chinoise, elle, reste très forte. C’est ce qui entretient un marché noir actif.

D’après une estimation publiée en 2026, jusqu’à un tiers des capacités de calcul avancé en Chine pourrait même reposer sur des GPU introduits illégalement.

Face à ce type de contournement, les autorités américaines envisagent aussi de resserrer les règles sur les accès indirects, par exemple via la location de puissance de calcul dans des centres de données installés dans des pays tiers.

Manuel Bosque

Manuel Bosque couvre les logiciels chez Softonic : programmes de bureau, outils de productivité et petits utilitaires qui résolvent bien un seul problème. Son approche est pratique — ce qu'un logiciel fait vraiment, ce qu'il demande en échange et à qui il s'adresse —, d'où sa méfiance envers les listes de fonctionnalités et sa préférence pour l'essai. Il fait partie de l'équipe qui définit la manière de traiter le logiciel sur le site et travaille au quotidien avec des outils d'IA appliqués à la production éditoriale.

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