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Franciser tous les mots de l’informatique? On peut toujours essayer…

Ludovic Piquemal

Publié

francomot-2Le Secrétariat d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie a dévoilé hier les résultats du concours Francomot. Le but de ce concours ouvert aux étudiants était de proposer des alternatives dans la langue de Molière aux anglicismes suivants: “tuning”, “talk”, “chat”, “buzz”, “newsletter”. Après examen des propositions formulées par les participants, ces termes respectivement francisés en “bolidage”, “débat”, “éblabla”/”tchatche” (ex-aequo), “ramdam” et “infolettre” ont été retenus.

Même si il y a peu de chances pour que ces mots supplantent leur équivalent anglo-saxon déjà bien implanté auprès des utilisateurs, des initiatives existent depuis longtemps pour tenter de franciser les termes liés à l’informatique et à Internet ou, en tout cas, de rendre leur sens accessible aux non-anglophones. Petit tour d’horizon.


En France, la Commission générale de terminologie et de néologie, planche depuis 1997 pour trouver des équivalents en français aux mots… et essayer d’en favoriser l’usage auprès du grand public en les inscrivant au Journal Officiel.

franceC’est à cette commission émanant du ministère de la Culture que l’on doit par exemple les savoureux et inoubliables appliquette pour remplacer applet, tatouage numérique à la place de watermark (inscription sur une photo, par exemple), antémémoire pour mémoire cache ou bien baladodiffusion pour traduire podcasting.

Autre démarche pour l’équipe du Jargon Français, qui réalise depuis 1995 un énorme travail lexicologique pour essayer d’aider ceux qui sont perdus face à l’omniprésence de termes anglophones et d’acronymes obscurs. A l’initiative de ce projet, Roland Trique, assistant ingénieur à l’université Rennes 2 ne prétend pas fournir une encyclopédie exhaustive et irréprochable, mais son lexique qui recense des milliers d’expressions informatiques est incroyablement complet, didactique et plein de petites notes d’humour.
D’utilité publique pour tous ceux que des mots comme add-on (greffon) ou phishing (hameçonnage ou filoutage) laissent perplexes.

quebecDe l’autre côté de l’Atlantique, on sait combien nos cousins du Québec sont soucieux de protéger notre langue en Amérique du Nord. Le gouvernement de la Belle Province se penche sur la terminologie francophone des expressions relatives au monde de l’informatique depuis près de 15 ans.

Si vous êtes curieux, faites-donc un tour sur le site de l’Office québécois de la langue française. Cet organisme a par exemple retenu les termes de clavardage (équivalent de “tchat“), anti-pollupostage (anti-spam, auquel on peut du coup préférer anti-pourriel) ou harceliciel (logiciel qui rappelle fréquemment à l’utilisateur qu’il emploie une copie non enregistrée du logiciel et qu’il doit en acquérir la licence pour continuer à l’utiliser). Une vraie mine d’or.

Reconnaissons que certaines traductions en français passent relativement bien, comme en témoignent les relatifs succès du courriel et du pare-feu. D’autres peuvent aider à préciser le sens d’un terme pas forcément très explicite en anglais.

Il n’est toutefois pas sûr que la langue française ait grand chose à gagner en traduisant systématiquement les termes informatiques anglo-saxons, tant une bonne partie de ces expressions frôle le ridicule…

Nous vous laissons le soin de nous dire lesquelles… Les commentaires sont à vous!

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