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Jean-François Gayrard (Transit): “Le livre numérique peut faire revenir le public à la lecture”

Matthieu Gagnot

Matthieu Gagnot

  • Mise à jour:

Transit blancDéjà présent sur le Kindle d’Amazon, Transit, un éditeur québécois, propose depuis quelques semaines son premier livre pour iPhone et iPod Touch: « Brangelina, la véritable histoire de Brad Pitt et Angelina Jolie », de Ian Halperin.

L’occasion pour onSoftware d’interroger Jean-François Gayrard, conseiller au développement numérique chez Transit, sur ce qu’il considère comme l’avenir du secteur de l’édition littéraire: le livre numérique, que l’on connaît aussi sous le nom d’e-Book.

Onsoftware: Brangelina est votre premier livre sur support tactile. A quoi ressemblera l’expérience de lecture sur iPhone?

Jean-François Gayrard: Nous avons choisi de proposer Brangelina sur iPhone à travers une application spécialement conçue pour l’occasion, développée par Pe-Soft. La lecture se fait en mode paysage, l’iPhone offrant ainsi le même format qu’un livre de poche. Il est possible de régler plusieurs options telles que la police de caractères, la texture du «papier» ou le bruit que fait la page en se tournant.

Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans le livre numérique? Faire partie du marché nord-américain, ça a joué?

Pas forcément. Contrairement à ce qu’on peut penser, le Québec n’est pas très en avance sur la France sur le terrain du livre numérique. Nous sommes le premier éditeur québécois à sortir un livre sur iPhone. La différence avec le marché français, c’est qu’une fois que le sujet est mis sur la table, l’action est plus rapide. En France, la réflexion est plus longue, et l’action plus lente à se mettre en place.

Publier des livres sur iPhone, c’est venu d’une dynamique personnelle: le livre numérique représente selon moi le futur de l’édition. C’est une tendance irréversible. On entend encore le débat «livre numérique contre édition classique», qui n’a pas lieu d’être. Je pense vraiment que le livre numérique est l’avenir de l’édition. L’iPhone est vraiment rentré dans les mœurs, surtout dans une grande ville comme Montréal.

Personnellement, je prends souvent le métro et je vois très souvent des gens avec un téléphone dans les transports en commun. C’est pareil quand je me déplace à Paris. Le gens utilisent Internet à plein temps, souvent pour lire des infos. La plupart des journaux sont consultés principalement en ligne. Si on lit les infos sur Internet, pourquoi pas des livres? C’est ce qui nous motive à nous lancer sur ce marché.

Quels types de livres sont les plus adaptés à l’iPhone?

A priori, des livres plutôt légers, un peu orientés people. Cela vient du support, qui permet de lire dans les transports en commun. C’est propice à une lecture légère, plutôt qu’à de la littérature classique. C’est pourquoi nos premiers livres sont du type de Brangelina, la véritable histoire de Brad Pitt et Angelina Jolie.
Par ailleurs, nous essayons de promouvoir des jeunes auteurs canadiens. Notre catalogue sur iPhone va refléter ces 2 orientations.


La plupart des journaux sont consultés principalement en ligne. Si on lit les infos sur Internet, pourquoi pas des livres?

Comment le livre numérique et le livre papier peuvent-ils cohabiter?

Ils ne peuvent que cohabiter car ils représentent 2 usages du livre complémentaires. Ils n’ont pas à être opposés. Ils doivent se compléter, avec un objectif commun: faire lire le plus de gens possible.

Le gens disent qu’ils ne veulent pas lire sur livre numérique, mais ils passent déjà du temps à lire sur un écran d’ordinateur! Accuser Internet de tuer l’édition, c’est un faux débat. Le dilemme, ce n’est pas de choisir entre livre numérique et livre classique. Le dilemme, c’est que les gens lisent de moins en moins. Si le livre numérique peut faire revenir le public à la lecture, c’est une opportunité à saisir pour l’édition.

Après une semaine, combien de téléchargements pour “Brangelina” sur iPhone?

On a seulement les chiffres des premières 48h, on a fait environ 500 téléchargements en 2 jours sur l’App Store français. C’est plus que sur le marché canadien.

Quel est votre politique de prix? Un prix unique pour version papier et numérique, comme Amazon?

La politique de prix unique est abusive: j’ai travaillé dans l’édition et je connaîs les coûts d’impression d’un livre papier. C’est abusif de proposer le même prix pour un livre numérique que pour un livre papier. Nous proposons Brangelina à 7,99 euros sur iPhone, contre 19 euros en version papier.

Quel est le parcours de la société d’édition Transit?

Nous sommes une jeune maison d’édition. Nous avons lancé notre premier ouvrage l’année dernière, un livre de Ian Halperin également, intitulé «Les derniers jours de Michael Jackson». Coup du sort, au moment où il était imprimé, nous apprenions le décès de la star… Nous avons continué à sortir des livres grand public, dont nous utilisons le succès pour investir dans de jeunes auteurs québécois.

Voir aussi

Transit: le catalogue et l’actualité de cette maison d’édition établie à Montréal et qui édite en version numérique et papier.

Numerikbook: le blog de Jean-François Gayrard, qui y détaille l’actualité de l’édition numérique.

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